Le pèlerinage et la réforme

 

 

Basmalah - Fawâid Al Badr

 

Le pèlerinage et la réforme

 

Le Hadj (le pèlerinage) est une école bénie de raffinement des âmes, de purification des cœurs, et de renforcement de la foi. Par ce rite immense et cette législation bénie, les musulmans bénéficient de grandes leçons, d’enseignements touchants et d’avantages éminents en matière de croyance, d’adoration et de comportement. Il s’agit d’une véritable école d’éducation à la foi qui forme des croyants pieux. C’est à sa source bénie que puisent les serviteurs d’Allah bienheureux.

Allah – Le Très-Haut – dit (traduction relative) : ﴾Et appelle les gens au Hadj, ils viendront à toi à pied et aussi sur toute monture, venant de tout chemin éloigné, pour assister aux bienfaits qui leur ont été accordés﴿

[Le pèlerinage 22, verset27]

 

Il est impossible de dénombrer les bénéfices du Hadj et tout ce que l’on en tire comme profit de même que l’on ne peut en compter ni en cerner les enseignements et leçons. En effet, dans le verset précité, Allah – Le Très-Haut – emploie le pluriel « manafi’ » (« bienfaits ») dans sa forme indéterminée ; ce qui met en relief leur multitude, leur variété et leur abondance. Assister aux bienfaits du Hadj est l’objectif visé puisque dans la parole du Très-Haut « li-yachhadou » (« pour assister »), la lettre « lam » correspond au « lam de causalité » (traduit ici par « afin de ») qui est lié au début du verset ﴾Et appelle les gens au Hadj, ils viendront à toi à pied et aussi sur toute monture﴿.

C’est-à-dire : si tu les appelles au Hadj, ils viendront en marchant ou en étant véhiculés dans le but d’assister aux bénéfices du Hadj ; dans le but d’y être présents. La visée de leur présence est l’obtention de bienfaits et le profit qu’ils peuvent en tirer.

C’est pour cela qu’il incombe à toute personne à qui Allah a offert l’opportunité d’accomplir cet acte d’obéissance et à qui Il a facilité cette adoration d’être extrêmement désireuse d’obtenir les avantages du Hadj ainsi que de tirer parti de ses enseignements et exhortations. Cela vient s’ajouter aux énormes récompenses, aux abondantes rétributions, au pardon des péchés et à l’expiation des fautes. Il a d’ailleurs été authentifié que le Prophète ﷺ a dit :

« Quiconque accomplit le pèlerinage en évitant tout acte charnel et tout péché reviendra comme il était le jour où sa mère l’a mis au monde. » [Al-Bukhari et Muslim]

 

Il est également rapporté de façon authentique que le Prophète ﷺ a dit : « Faites suivre entre le Hadj et la ‘Omra car ils éradiquent la pauvreté et les péchés comme le soufflet débarrasse le fer de ses résidus. » [An-Nassaï, authentifié par Al-Albani]

 

Il est louable pour toute personne qui a gagné un tel bénéfice et remporté un tel profit de retourner dans son pays dans une situation plus pure, avec une âme saine pour une nouvelle vie emplie de foi et de piété, pleine de bien, de vertu, de droiture et d’attachement à l’obéissance à Allah – Le Tout-Puissant -.

 

Les savants ont précisé que la présence de cette vertu et de cette pureté chez le serviteur est l’un des signes d’agrément et l’un des indices d’acceptation dans la mesure où il y a pour celui dont la situation s’améliore après le pèlerinage – c’est-à-dire pour celui qui passe d’une mauvaise condition à une bonne condition, ou encore d’une bonne situation à une meilleure – une preuve qu’il a profité pleinement de son pèlerinage. En effet, l’une des rétributions de la bonne action réside dans le fait qu’elle soit suivie par une autre bonne action comme Allah – Le Tout-Puissant – le dit :

﴾Y a-t-il autre récompense à la bienfaisance que la bienfaisance ?﴿

[Le Miséricordieux 55, verset 60]

 

Celui qui a accompli son pèlerinage d’une bonne manière en s’efforçant de le parfaire et de le perfectionner tout en se tenant à l’écart de ce qui peut l’altérer ou le corrompre en ressort dans un état meilleur et se tourne vers une issue des plus savoureuses.

Il a été authentifié que le Prophète ﷺ a dit : « Le Hadj mabrour (le pèlerinage accepté) n’a d’autre récompense que le Paradis. » [Muslim]

 

Sans aucun doute, tout pèlerin désire et espère que son pèlerinage soit un pèlerinage pieux, que ses efforts soient récompensés, et que ses bonnes œuvres soient acceptées. Le signe manifeste du pèlerinage pieux et accepté se situe dans le fait que la personne l’accomplisse sincèrement pour la Face d’Allah et en conformité avec la Sunna du Messager d’Allah ﷺ ce sont d’ailleurs les deux conditions indispensables pour qu’une action, quelle qu’elle soit, soit acceptée et dans le fait que son état, à la suite du pèlerinage, soit meilleur qu’auparavant.

Ainsi se répartissent ces deux signes d’acceptation : 

 

  • Durant le pèlerinage : il s’agit du fait que la personne s’y engage avec sincérité pour la Face d’Allah et en conformité avec la Sunna du Messager d’Allah ﷺ;

 

  • Après le pèlerinage : l’amélioration de l’état de l’individu à l’issue du pèlerinage qui se manifeste par un attachement plus grand aux actes d’obéissance, par un abandon des actes de désobéissance et des péchés et par le début d’une vie pleine de bien, de vertu et de droiture.

 

Cependant, il est important de notifier que malgré le caractère exceptionnel et excellent de son action, le musulman ne peut en affirmer l’acceptation. Allah – Le Très-Haut – met en évidence l’état des parfaits croyants lorsqu’ils accomplissent des œuvres d’obéissance en vue de se rapprocher de Lui (dans le sens du verset) : ﴾Et ceux qui donnent ce qu’ils donnent tandis que leurs cœurs tremblent de crainte à la pensée qu’ils doivent retourner à leur Seigneur﴿. C’est-à-dire, qu’ils s’investissent dans l’accomplissement des adorations qui leur ont été ordonnées telles que, entre autres, la prière, l’aumône légale et le jeûne tout en craignant qu’au moment où leurs actions seront présentées à Allah, au moment où ils se tiendront debout devant Allah, leurs œuvres ne leurs soient pas salutaires et leurs actes d’obéissances ne soient pas acceptés.

 

L’imam Ahmed a rapporté dans son musnad, d’après la Mère des croyants Aïcha – qu’Allah l’agrée – qui a dit : « J’ai dit : ﴾Et ceux qui donnent ce qu’ils donnent tandis que leurs cœurs tremblent de crainte à la pensée qu’ils doivent retourner à leur Seigneur﴿, s’agit-il de l’homme qui fornique et qui boit de l’alcool ? » Il dit ﷺ : Non, ô fille d’Abu Bakr ! Non, fille du véridique. C’est plutôt l’homme qui jeûne, prie, fait l’aumône tout en craignant que cela ne soit pas accepté de lui ».

 

Al-Hassan al-Basri –  qu’Allah lui fasse miséricorde  – a dit : « Le croyant combine la bienfaisance et la crainte tandis que l’hypocrite réunit le répréhensible et le sentiment de sécurité »

 

Depuis les temps les plus reculés jusqu’à présent, il est d’usage pour les croyants de se dire mutuellement à l’issue de cette adoration « Qu’Allah accepte de nous et de vous » : chacun espère donc l’acceptation.

D’ailleurs, Allah, dans le noble Coran, fait mention d’Ibrahim et de son fils Isma’il – que la paix et le salut soient sur eux – qui l’invoquaient par cette formule lorsqu’ils étaient en train de construire la Kaaba. En effet, Allah dit (dans le sens du verset) :

﴾Et (rappelle-toi) quand Ibrahim et Isma’il élevaient les assises de la Maison (sacrée) (en disant) : ô notre Seigneur, accepte ceci de notre part ! C’est Toi l’Audient, l’Omniscient.﴿

[La vache 2, verset 127]

 

En pleine action vertueuse et grandiose, ils implorent Allah d’accepter d’eux !            Ibn abi Hatim rapporte que Wouhayb ibn el-Ward a récité ce verset puis a pleuré et a dit : « Ô bien-aimé du Tout-Miséricordieux, tu élèves les fondations de la Maison du Tout-Miséricordieux et tu crains qu’Il n’accepte pas de toi »

 

Si tel était le cas du guide des véritables croyants, du modèle des monothéistes, que devrait donc être le cas de celui qui est d’un rang inférieur au sien ?!

Nous demandons à Allah, pour tous, l’acceptation, la réussite et la droiture et nous lui demandons qu’IL accorde aux pèlerins de la Maison sacrée la sécurité et la préservation, qu’Il accepte de nous et d’eux les bonnes œuvres et qu’Il nous oriente tous vers la voie droite ; Il est certes Noble et Généreux.

Basmalah - Fawâid Al Badr

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